Les statistiques : motivation ou effet pervers?

Les statistiques sont comme les séries sur Netflix : plus tu les regardes et plus tu as envie de les regarder.

« Liste des outils de statistiques pour analyser vos sites web »…
« Analysez vos statistiques avec Google Analytics »…
« 15 statistiques Instagram que vous devez absolument connaître »…

Flux RSS, Page Rank, référencement… Peu importe le média social, on n’y échappe pas : les statistiques y sont présentes et détaillées. Quand on travaille majoritairement en ligne, que ce soit au sein d’une entreprise ou comme blogueur, les « stats » sont nécessaires utiles pour suivre le cheminement et la croissance de notre projet.

Recevez mon infolettre gratuitement ici

J’ai volontairement rayé « nécessaires » parce que selon moi, elles ne le sont pas même si, l’hiver dernier, je vous aurais témoigné du contraire.

En effet, quand j’ai commencé à bloguer, je suis devenue complètement dépendante aux statistiques. Comme je possède aussi une petite entreprise de produits tricotés, je ne vous dis pas l’importance qu’elles avaient dans mon quotidien. C’est pas mêlant : la croissance de mon blogue et/ou la vente de tricots définissaient le cours de la journée. En d’autres mots, si je « scorais », j’avais passé une bonne journée.

town-sign-1148092_1920

Maîtrise, performance, pression… j’ai mis quelques mois à me rendre compte que tout cela ne faisait aucun sens. Rien n’allait : j’écrivais des textes inintéressants et je produisais des tricots de moins bonne qualité parce que je me dépêchais. J’essayais de faire plus avec moins. Je ne cessais de me plaindre que tout allait mal. Puis, c’était inévitable, je suis tombée malade à la fin de février.

Influenza.

J’ai passé trois semaines couchée à tousser ma vie et trois autres mois à sentir mes poumons brûler au moindre effort. (En passant, a grippe, la vraie, ça n’a absolument rien de drôle. Tu penses mourir pis t’as mauditement raison de t’en faire.)

J’ai donc dû m’arrêter.
J’ai retiré toutes les fiches de ma boutique Etsy et j’ai recommencé à zéro.
J’ai laissé mon blogue sur le carreau pendant quelque semaines.
J’ai cessé de publier du contenu professionnel sur Instagram.

Et j’ai recommencé à vivre.

Parce que c’est ça au fond : quand les statistiques prennent le dessus, c’est le plaisir qui n’y est plus.

© 2016 Julie Turbide pour PURE LAINE Magazine

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s